Ainsi soit-il. La logique a été respectée : plus question d’envisager la reprise de nos compétitions avant le 30 juin. L’arrêt prononcé par le COMEX jeudi dernier est logique et était attendu.

A la lecture du communiqué, nous avons de prime abord compris que la FFF souhaitait être bienveillante en limitant le nombre de descentes à une par groupe afin de tenir compte de l’arrêt prématuré des rencontres.

Mais en continuant de cette lecture, nous nous sommes aperçus que cette injonction faite à ses Ligues et Districts… ne s’appliquait pas à elle-même. Et d’enfin comprendre que le nombre d’équipes participantes aux compétitions fédérales n’évoluerait pas, sans la moindre concession. Forcément, la grogne de beaucoup allait être inévitable.

A situation exceptionnelle, décision traditionnelle.

Ainsi, dans notre Région, Sète se voit ouvrir les portes du National, tandis que Canet en Roussillon évoluera en N2 la saison prochaine. Logique.

Dans le sens inverse, les réserves de Montpellier et Nimes descendent en N3, tandis qu’Aigues Mortes, Béziers II, Auch et Rodéo devraient faire les frais du manque de bienveillance fédérale, tout comme les filles du TFC et les U19 du CCFC, entre autres…

Au niveau de la Ligue, la simulation n’a pas tardé à arriver.

Si les accédants devraient être ceux énoncés par l’instance régionale, il semble qu’il n’en sera pas de même au niveau des relégués, notamment en jeunes : le principe du « une seule descente par groupe » étant, là aussi, applicable mais n’a pas été pris en compte. Une confusion qui ne peut que mettre en avant le manque de communication dans la famille du football.

La simulation régionale devrait donc là aussi connaitre de sacrées retouches, tout comme les cas d’Anduze (R2) et St Gilles (R3) qui posent question.

Si la décision du COMEX se voulait être globale, uniforme et toucher tous les territoires et compétitions, c’est en partie raté…

L’uniformisation en a pris un coup : pour certaines compétitions, ça se jouera au quotient. Ce sera ensuite les règles de départage propres à chaque ligue, ou à chaque district.

Chaque Ligue et chaque District verra sa pyramide se former par décision du Comité Directeur, ouvrant de nombreuses interrogations auprès des clubs, et les réponses ne pourront être apportées avant le début du déconfinement.

En fédération, on a même statué sur un critère sorti de nul part, l’un des rares qu’un club ne peut maîtriser : le nombre de matchs à l’extérieur, nombre issu d’un calendrier où un club n’a que peu de chances d’influer car confectionné par la FFF.

Impensable : grosses pensées pour les Hauts Lyonnais (N3) ou Chavanoz (D2 Futsal).

Au niveau des incohérences, on notera l’absence de montées/descentes pour les compétitions en plusieurs phases.

Comment remplacer les relégués de Régional 1 féminines si personne ne peut accéder de R2 (dont la seconde phase était en cours) ?

Comment choisir les accédants en compétitions régionales jeunes des Districts en plusieurs phases ?

En effet, l’application stricte du PV du COMEX ferait accéder des équipes des districts ayant une compétition en une phase, et aucune des autres. Discriminatoire selon le district d’appartenance et donc forcément inapplicable.

Une décision qu’elle a prise mais qu’elle ne peut appliquer à elle-même, son championnat U19 féminin étant en…. deux phases, où elle a annoncé… des relégations (?!).

Mais de discrimination, il y en a déjà une. En effet, la FFF a décidé de l’accession de champions de certaines Ligues en futsal et en foot féminin en en écartant d’autres, quels que soient leurs résultats.

En futsal, montée des champions de Paris Ile de France, Hauts de France, Corse et Pays de la Loire.

En féminines D2, montées pour les ligues Auvergne Rhône-Alpes, Occitanie, Grand-Est et Nouvelle Aquitaine.

En féminines U19, montées pour les Ligues Auvergne Rhône-Alpes, Bretagne, Paris Île-de-France, Pays-de-la-Loire, Grand-Est et Occitanie.

Pour les autres régions, retentez votre chance l’année prochaine.

Si ces décisions sont une bonne nouvelle pour FF Nîmes MG (R1) ou Portet sur Garonne (U19F) qui devraient se voir proposer une participation au championnat FFF, elles posent questions.

Le foot féminin se voit largement appliquer un règlement d’exception, avec une absence de promotion dans certaines régions à l’inverse des garçons. A réfléchir.

Bref, s’il était d’urgent de prononcer l’absence de compétitions jusqu’au mois de juin, ne serait-ce que pour informer les familles et gérer l’inactivité des salariés de la famille du football, n’était-il pas urgent d’attendre pour le reste ?

En effet, bien malin sera celui qui connaîtra la suite de l’épisode terrible que nous vivons tous.

Le gouvernement est bien clair : le retour à la vie d’avant sera long, très progressif et extrêmement étendu dans le temps. La saison 2020/2021 serait donc avec certitude, une saison « normale » ?

La FFF a imposé à ses Ligues et Districts de « pousser les murs » par l’élargissement du nombre de participants aux poules, voir même la création de groupes.

C’est encore le foot d’en bas qui est attaqué.

Vous qui êtes souvent dans des poules à 12, soit 22 journées, vous risquez fortement de passer à 26 matchs, soit un mois de plus. Comme si rien ne s’était passé.

Etes-vous certains de reprendre l’entrainement collectif fin juillet pour être prêts pour votre tour de Coupe de France de fin août ? Utopique.

Nous voilà tous avec des rencontres supplémentaires à caser dans un calendrier et un avenir incertains, sans la moindre modification de la pyramide fédérale.

La meilleure solution selon certaines têtes pensantes serait maintenant, au niveau des pros, de terminer la saison 2019/2020 sur l’année civile 2020.

Une idée louable malgré des conséquences économiques importantes portée à la base par diverses personnalités comme Didier Roustan, Christophe Dugarry, des éducateurs comme C. Gourcuff et A. Villas Boas, mais aussi le Président de l’OGC Nice Jean Pierre Rivère ou encore au niveau européen par Rummenigge (Bayern Munich) ou Galliani (ex Milan AC, Monza).

La surprise, c’est que le très médiatique Jean-Michel Aulas se rangerait désormais derrière cette position.

La deuxième surprise, c’est que le Président niçois Rivère, à qui on peut concéder une certaine crédibilité, affirme que N. Le Graët trouve désormais que c’est la meilleure solution.

Ceux-là même qui ont clôturé la saison du football amateur trois jours avant.

Alors comment faire coincider les pros avec les amateurs ? Le National, toujours vivant, avec le National 2, juridiquement clos ?

La D1 Féminine Arkema, toujours active, avec sa petite soeur D2, clôturée, avec la victime directe de cette décision : l’AS St Etienne (lire ici) ?

Certains membres du BELFA sont-il déjà en train de rétropédaler ?

Pour finir en beauté, le COMEX va carrément à l’encontre d’un décret ministériel en annonçant une voie de recours de un mois devant le conseil d’état à compter de la publication du procès verbal.

Sauf que le décret du 25 mars gèle tous les délais d’appel jusqu’au 24 mai, date actuelle de la fin de l’état d’urgence sanitaire. Cherchez l’erreur.

Je ne peux m’empêcher sur le plan local d’avoir une grosse pensée pour Sam Sotum, le Président d’Auch, qui lutte pour augmenter son budget et développer son club, et qui aujourd’hui :

  • descend de N3 en R1 sur un championnat inabouti,
  • voit ses féminines R2 peut être empéchées d’accession en R1
  • voit ses U16 ne pas monter en National pour un point

… mais, comme une triple sanction, voit sur sa commune le Rugby Club Auch grimper en fédérale 1 grâce à la bienveillance de la FFR qui a :

  • créé 3 poules supplémentaires au niveau fédéral (une F1 et deux F3), pour ne léser personne.
  • imposer aucune descente.
  • proposer quelques accessions supplémentaires.
  • admis 336 équipes dans ses compétitions séniors contre 250 au football

En plus de la réduction de la voilure des sponsors et mécènes qui va forcément invervenir, voilà Samuel qui va devoir lutter sur les partenariats locaux et la mise à disposition des locaux à cause d’une différence de bienveillante évidente entre la FFF et la FFR. Dur à encaisser, mais on y reviendra…

En gros, car il faut essayer, difficilement, de synthétiser :

Le COMEX a, bien que dans l’inconnue, comme nous tous, de l’organisation du football de demain a décidé des règles qui se voulaient uniformes mais :

  • différentes entre les compétitions FFF et les compétitions Ligue et District,
  • différentes sur les règles de départages en fonction de la compétition, du sexe, du territoire,
  • imposant des poules à 14, voire de nouveaux groupes à leurs Ligues, sans créer la moindre place supplémentaire en son sein,
  • impose donc des matchs supplémentaires aux équipes des plus bas niveaux sans s’autoriser le moindre surnombre pour de simples considérations évidentes économiques,
  • créant des règles iniques sorties de nul part,
  • mettant un terme au football amateur tout en évoquant publiquement que le foot pro pourrait (devrait) prendre une position inverse (rappelons qu’ont participé à la décision du COMEX : Le Graët, Aulas, Boy de la Tour…)
  • a créé des règles inapplicables (saison blanche championnat en deux phases)
  • a créé des règles qu’ils ne s’appliquent pas (plus d’une descente en compétitions FFF, pas de créations de nouvelles poules à titre transitoire, pas de saison blanche en U19F pourtant en deux phases)
  • évoque un délai de recours illégal puisque contraire à un décret

Rien que ça. Je retourne me coucher.

Prenez soin de vos proches. Restez chez vous.